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Commémoration du 250e anniversaire de la mort de Mackandal à New York

 


Figure emblématique de l'histoire, Mackandal est connu pour avoir passé plus de dix ans à combattre l'esclavage avec un succès éclatant. C'était un brave homme, dans toute l'acception du terme. Grand maître du poison, il avait l'art de monter des coups contre les forces colonisatrices et en faveur des masses opprimées. Le 250e anniversaire de sa mort n'a pas laissé indifférente la communauté haïtienne de NY. Regard sur l'ancêtre de la rébellion haïtienne.


« Nous placerons l'action de Mackandal dans une perspective historique. Nous ferons le point sur son leadership, sa philosophie révolutionnaire, son savoir mystique, son adresse organisationnelle, sa psychologie de masse et sa façon d'instrumentaliser la culture au service de la révolution », a averti d'entrée de jeu Dr Frantz Antoine Leconte, invité d'honneur à la commémoration du 250e anniversaire de la mort de ce combattant de la liberté.
Faisant office de spécialiste de Mackandal, M. Leconte a découvert en ce personnage, que les révisionnistes historiques disent appartenir à la légende, un révolutionnaire qui avait une révolution. Sa révolution. Tel un bilan des recherches effectuées, son argumentaire s'entend d'un trait et aboutit à une idée précise : l'action de Mackandal répondait à un besoin, voire à une nécéssité libératrice. Tout le secret de l'épopée de 1804 se trouvait là, avec sa forme dynamique et ses phénomènes incontournables les plus complexes.

« Au faîte de la pyramide sociale Saint-dominguoise se trouvaient les grands seigneurs français. Ils étaient au nombre de 1300 et façonnaient obstinément avec l'appui de quelques 5000 affranchis ; l'univers esclavagiste », a indiqué le conférencier citant justement l'historien Edner Brutus.


Au bas de l'échelle, a-t-il poursuivi, 150 000 esclaves souffraient sans jamais abandonner leur soif de la liberté. Il n'y avait pas assez des leaders d'une grande potentialité capables d'organiser une révolte générale, encore moins une révolution. Félidor, originaire du Nord, se surpassa dans ses menées subversives. Pyrrhus, un esclave, s'est révolté en détruisant des plantations, des raffineries de sucre. Il avait même réussi à interrompre le commerce de ce produit. «Ils n'utilisèrent que des couteaux contre les fusils des maîtres », souligne le professeur Leconte, avec emphase sur les pièges tendus par les esclaves rebelles contre les troupes françaises, avant de se renforcer dans le marronnage.


Patrick Bellegarde Smith, Ph. D, pour sa part, montrant l'importance des travaux réalisés sur Mackandal, a fait état de la culture originale et sensible à leurs idéaux que les Africains avaient apportés avec eux. « 1756 - 1758, les dialectes qu'ils utilisaient allaient être abandonnés au profit de la langue des maîtres : le français », indique-t-il en précisant que cette fusion, cette osmose linguistique a crée le créole : langue qui a aboli les frontières entre plusieurs groupes d'esclaves, provoquant du même coup une espèce de babélisme linguistique pour faire place au créole.

La conscience collective : facteur de cohésion et d'unité « le créole a largement contribué à la conquête de la liberté », analyse M Smith, chercheur en éducation et professeur à Brooklyn Collège. Il estime que cette langue a apporté une sorte de conscience collective et sociale, un facteur de cohésion et d'unité.

Présenté comme un musulman capable de lire et d'écrire correctement l'arabe, Mackandal était inspiré par Mohammed. Il avait un rêve de grandeur et d'indépendance. Thaumaturge, il se déclarait immortel d'autant plus qu'il fut doté d'un sens profond du surnaturel.On prétend qu'il se "dédoublait" et pouvait être vu d'un endroit à l'autre au même instant.Sa figure a comme hanté le Hunter Collège, à New York,
Cette personnalité magnétique se disait envoyée de Dieu. Sa parole était l'évangile des esclaves qui croyaient en sa mission révélatrice.

Lily Cérat, de l'HABETAC, a adopté une attitude de réflexion culturelle profonde par rapport à la place qu'occupe Mackandal dans la mémoire collective qui semble le considérer moins comme une référence historique que comme une figure mythologique, un personnage qui tient de la fiction et de la métaphysique.
« A l'occasion du mois international du créole et du 250e anniversaire de la mort de Mackandal, ce qui nous reste de repère ne saurait nous laisser indifférents. Il suscite tout à tour passion, admiration. Devoir de mémoire obligé ».

Et dire que les débats suscités par les différentes interventions ont été assez incompréhensibles pour une catégorie de gens d'une certaine génération qui n'ont pas une trop grande connaissance de l'histoire et de la culture nationale. « La philosophie qui s'est dégagée de ce truc me parait fumeuse, complexe et stérile, bonne pour les moins jeunes plutôt que pour les amateurs de remue-ménage », a laissé entendre un étudiant sous couvert de l'anonymat. La meilleure preuve du bien-fondé apparent de ce ressentiment semble être son expression par une « peau noire» (pour reprendre une métaphore de Frantz Fanon) dont les forces autres gouvernent les pulsions par la toute puissance de l'assimilation et de l'atavisme. A moins que ce soit par une rupture de raison. Car, comme a dit l'autre, la mémoire s'écrit en fonction des intérêts du présent. 

Le Nouvelliste

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